Sa jeunesse
Né à Ribemont (Picardie) en 1743, il est l’un des descendants de la famille Caritat.
Les Caritat tenaient leur titre de la ville de Condorcet (Dauphiné) dont ils étaient originaires. Il perdit son père alors qu’il n’avait que trois ans. Sa mère, très dévote, confia son éducation au collège jésuite de Reims,
puis au collège de Navarre, à Paris.
Condorcet se distingua rapidement par ses capacités intellectuelles. Les premières distinctions publiques qu’ilreçut furent en mathématiques. Quand il eut 16 ans, ses capacités d’analyses furent remarquées par D’Alembert et Clairaut, et bientôt, il devint l’élève de D’Alembert.
Maison du Marquis de Condorcet à Ribemont
Mathématicien
De 1765 à 1774, il se concentra plus particulièrement sur les sciences. En 1765, il publia son premier travail sur les mathématiques, intitulé Essai sur calcul intégral, qui fut très favorablement accueilli, et lança sa carrière de mathématicien de renom. Cet essai ne sera d’ailleurs que le premier d’une longue série.
Dès 1767-1769, il écrit ses premiers papiers sur l’arithmétique politique et le calcul des probabilités. Condorcet est alors influencé par les savants des Lumières de l’Italie du Nord et par leurs essais de formalisation du réel (Cesare Beccaria, les frères Verri, Paolo Frisi, etc.). Il envisage ainsi des calculs en matière de jurisprudence (voir le texte inachevé « Sur les lois criminelles en France »).
Mais il faut attendre 1784 pour que Condorcet développe une théorie d’ensemble de l’arithmétique politique.
En 1789, lorsque la Révolution éclata en France, l’activité politique de Condorcet devint intense et son rôle fut majeur. Lui, grand défenseur de nombreuses causes libérales espérait une reconstruction rationaliste de la société. Après la prise de la Bastille le 14 juillet 1789, il fut élu au conseil municipal de Paris. En 1790 il fonde avec Sieyès la Société de 1789 et dirige le Journal de la Société de 1789, la Bibliothèque de l’homme public (1790-1792), la Chronique de Paris (1792-1793), le Journal d’instruction sociale (1793). De plus, il prit une part active à la cause des femmes, en se prononçant pour le vote des femmes dans un article du Journal de la Société de 1789, et en publiant en 1790 De l’admission des femmes au droit de cité.
La fuite
Ce décret d’arrestation força Condorcet à se cacher. Il trouva refuge pendant neuf mois dans la demeure de Mme Vernet, rue de Servandoni, à Paris. Il en profita pour écrire l’un de ses ouvrages les plus appréciés par la postérité,
Esquisse d’un tableau historique des progrès de l’esprit humain qui fut publié après sa mort, en 1795. Le 25 mars 1794, il quitta sa cachette, convaincu de ne plus y être en sécurité et d’être un trop grand danger pour Madame Vernet, sa généreuse hôtesse. Il tenta de fuir Paris. Il fut arrêté à Clamart deux jours plus tard, et mis en prison à Bourg-Égalité (Bourg-la-Reine). On le retrouva deux jours plus tard mort, dans sa cellule. Les circonstances de sa mort restent énigmatiques (suicide, meurtre ou maladie).
Transfert au Panthéon de Paris
À l’occasion des fêtes du bicentenaire de la Révolution française, en présence de François Mitterrand, président de la République, les cendres de Condorcet furent symboliquement transférées au Panthéon de Paris en même temps que celles de l’abbé Grégoire et de Gaspard Monge, le 12 décembre 1989. En effet, le cercueil censé contenir les cendres de Condorcet était vide : inhumée dans la fosse commune de l’ancien cimetière de Bourg-la-Reine – désaffecté au XIXe siècle –, sa dépouille n’a jamais été retrouvée.
Descendance de Condorcet
Du mariage de Condorcet avec Sophie de Grouchy naît, au mois de mai 1790, une fille unique : Alexandre-Louise Sophie de Condorcet, qui sera appelée toute sa vie Élisa, prénom qu’elle n’avait pas reçu.
"Élisa" épouse, en 1807, le général Arthur O’Connor, réfugié, ami de Cabanis, qui avait mis, en 1804, son épée au service de la France, croyant par là servir la liberté. Le général meurt en 1852, et Elisa en 1859. Ils sont inhumés dans le parc du château familial de Bignon.
Les époux O’Connor-Condorcet ont cinq enfants, dont un seul, Daniel O’Connor laisse une postérité : deux fils, dont le général Arthur O’Connor qui se marie, en 1878, à Marguerite Elizabeth de Ganay. De cette union, naissent deux filles : la première, Elizabeth O’Connor, se marie à Alexandre de La Taulotte ; la seconde, Brigitte O’Connor, au comte François de La Tour du Pin qui lui donne trois enfants : Philis, Aymar et Patrice de La Tour du Pin.
Patrice de la Tour du Pin
Travail de recherche : Jérémy C.